Au théâtre, les superstitions varient selon les pays. Par exemple, les Anglo-saxons pensent qu'à proximité ou dans les murs d'un théâtre, il ne faut pas prononcer le titre de la pièce Macbeth de Shakespeare et on désigne cette ½uvre par diverses périphrases :
« la pièce écossaise », « la tragédie écossaise », aussi, on ne dit pas Lady Macbeth mais
« Lady M ».Autre exemple, si
le vert porte malheur en France, en Italie le violet et en Espagne le jaune sont les couleurs
« interdites » sur scène. Les pouvoirs maléfiques du vert sont reliés à différentes anecdotes. Si des comédiens ont trouvé la mort parce qu'ils portaient un costume vert à même la peau, on peut attribuer cela aux effets toxiques de l'oxyde de cuivre présent dans la teinture verte à une certaine époque. D'autre part, dans les passions du Moyen-Âge, le personnage du traître Judas portait un costume vert. On dit aussi que
Molière – qui pourtant, occupait avec sa jeune épouse Armande Béjart un appartement où cette couleur abondait – mourut habillé de vert. Les fondateurs de l'un des plus anciens théâtres de Montréal ont voulu conjurer le sort en baptisant leur établissement Le Théâtre du Rideau Vert.
S'il ne faut
pas offrir d'½illets aux comédiens, cela peut s'expliquer par une coutume qui remonte au dix-neuvième siècle, alors qu'ils étaient engagés à l'année. Quand le directeur du théâtre voulait signifier à une actrice qu'il renouvelait son contrat, il lui faisait livrer des roses tandis que s'il lui envoyait des ½illets, son engagement prenait fin.
Autre interdit : on ne doit pas
traverser la scène en sifflant. On prétend que cela attire les sifflets du public. En fait cette superstition vient de ce que les régisseurs de théâtre utilisaient autrefois des sifflements codés pour communiquer entre eux les changements de décors. Un acteur sifflant pouvait alors semer la confusion dans le bon déroulement technique du spectacle.
En France, on ne doit pas prononcer le mot
« corde » sur scène ou dans les coulisses. La personne qui dit le mot « corde » sur scène doit payer une amende qui consiste en une tournée de vin blanc. L'origine de cette superstition viendrait des premiers machinistes qui étaient d'anciens marins. Sur un bateau, de nombreuses cordes servent aux man½uvres et chacune d'elles porte un nom différent (filin, ganse, etc.) et l'on désigne par « corde » celle qui sert à tirer la cloche avec laquelle on salue les morts.
Si vous voulez porter malheur à un comédien avant une représentation, vous n'avez qu'à lui souhaiter
« Bonne chance ! » À un comédien qui s'apprête à jouer et que l'on veut encourager, il faut dire
« Merde ! » Le comédien, lui, ne doit pas dire « merci » ; il peut ou bien ne rien dire, ou bien dire « je le prends ». En anglais, les comédiens se souhaitent
« Break a leg! », c'est à dire
« Casse-toi une jambe! »... Les 3 coups, et ici on parle plus de tradition que de superstitions quoique certains prétendent que cette tradition, si on ne la fait pas correctement, porte malheur. Au théâtre, les trois coups sont frappés avec un bâton appelé
brigadier sur le plancher de la scène, juste avant le début d'une représentation, pour attirer l'attention du public, particulièrement quand il y a un lever de rideau. Cette tradition, plus particulièrement française, peut venir du Moyen Âge, où trois coups, symbolisant la Trinité, terminaient le Mystère. Ces trois coups pouvaient être précédés d'onze autres martelés (douze apôtres moins Judas). Une autre explication fait correspondre les trois coups à trois saluts que les comédiens exécutaient avant de jouer devant la Cour : le premier vers la reine (côté cour), le deuxième vers le roi (côté jardin), et le troisième pour le public. La dernière explication étant que cela vient des règles du théatre classiques établies par Boileau au 17e siècle!
Ces 3 coups représentent : l'unité d'action, de temps et de lieu:
"
qu'en un jour, qu'en un lieu, un seul fait accompli
tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli"
Dans le théâtre classique français, le régisseur martelait le sol afin d'annoncer le début de la représentation aux machinistes. Ensuite, un premier coup venu des cintres, lui répondait, un second montait du dessous de scène et un troisième des coulisses. Chaque machiniste se trouvant donc bien à son poste, le régisseur pouvait ouvrir le rideau. Le grade de brigadier était donné à un ouvrier dirigeant une équipe. Le régisseur se servant d'un bâton pour frapper les trois coups, rassemble l'équipe du théâtre pour commencer le spectacle, tel un brigadier rassemblant ses hommes ; on a appelé par métonymie le bâton lui-même un « brigadier ». Le brigadier est fait traditionnellement en bois avec un morceau de perche de théâtre, décoré de velours rouge et clous dorés. Pendant des années la Comédie-Française frappait deux fois trois coups, six coups donc, pour matérialiser la jonction des deux troupes, celle de l'Hôtel de Bourgogne et la Troupe de Molière.
Coté jardin, coté cours.Dans le vocabulaire théâtral, le côté cour désigne le côté droit de la scène, vu de la salle, et par opposition au côté jardin.
Cette astuce permet au metteur en scène et aux comédiens de savoir clairement de quelle partie de la scène ils parlent : ce qui n'est a priori pas évident quand l'un regarde dans un sens, les autres dans l'autre!
Les machinistes situés à la cour sont appelés : « couriers », et ceux du jardin : « jardiniers ».
Ces mots viennent d'une habitude prise à la Comédie-Française, à l'époque où la troupe était installée dans la salle des machines du jardin des Tuileries, la salle donnait effectivement d'un côté sur la cour du bâtiment, et de l'autre sur le jardin. Avant la révolution française, pour éviter les notions subjectives gauche et droite, on nommait la cour « côté de la reine » et le jardin « côté du roi ». Ce principe est adapté des termes de marine bâbord et tribord. Les premiers machinistes de théâtre étaient d'anciens marins, ainsi ces termes, comme l'interdiction de prononcer le mot « corde », sont-ils inspirés d'habitudes ou superstitions de marins.
Sources :
www.artsalive.ca et Wikipédia.org
-H.P- M0tty.