Jean Genet

Jean Genet
Jean Genet (Paris, 1910 - 1986) est un écrivain, poète, et auteur dramatique français.

Par une écriture raffinée et riche, Jean Genet exalte la perversion, le mal, et l'érotisme à travers la célébration de personnages ambivalents au sein de mondes interlopes.

Il est un des créateur du théâtre de cérémonie.

Biographie :

Orphelin, il est placé dans une famille d'accueil. A la suite d'une série de fugues et de délits mineurs, il connaît sa première expérience carcérale à quinze ans avant d'être mis en détention jusqu'à sa majorité à la colonie pénitentiaire de Mettray.

À dix-huit ans, pour quitter la colonie, il s'engage dans l'armée. Il déserte en 1936 et quitte la France. Durant un an, il vagabonde à travers l'Europe avec de faux papiers. De retour à Paris, il fait l'objet, en l'espace de sept ans, d'une douzaine d'inculpations pour désertion, vagabondages, falsification de papiers et vols.

Il est incarcéré à la centrale de Fresnes, il y écrit ses premiers poèmes et ses quelques ébauches de roman, sans cesse reprises, refondues, rejetées. Genet est un perfectionniste, un éternel insatisfait, un obsédé de la beauté du mot. Lui qui sacralise le geste, la signification de l'acte, n'admet la viabilité du verbe que lorsque il est beau, puissant, racé.

Ses premiers textes, publiés à compte d'auteur, lui assurent une première notoriété, en particulier auprès de Cocteau, puis dans un deuxième temps auprès de Sartre. Les deux écrivains le défendent face à une inculpation lui faisant risquer la perpétuité, pour récidive : Genet avait volé un manuscrit original dans une boutique de la rue Bonaparte.
Ses premiers romans paraissent. Censurés, car jugés pornographiques, ils se distribuent sous le manteau.

Genet, au faîte de sa gloire parisienne entame une carrière de dramaturge, ses pièces sont toutes de brillants succès, contrastant avec un accueil critique très ambivalent et une diffusion longtemps confidentielle. Les plus grands metteurs en scène montent ses premières pièces.
Le propos de Genet se fait plus engagé, la politique le titille. L'ennemi intérieur lève les armes contre la tyrannie blanche, la domination occidentale, l'état déplorable dans lequel la France abandonne ses anciennes colonies.
Abandonnant quelque temps l'écriture, il se consacre à des combats marginaux, souvent d'extrême gauche.
Il revient plus tard au théâtre, puis à l'écriture romanesque. Le décès de son compagnon, Abdallah et sa toxicomanie aux barbituriques mettent à mal son mode de vie d'errance. Genet, jusqu'à la fin, vit dans des chambres d'hôtel sordides, souvent près des gares, ne voyageant qu'avec une petite valise remplie de lettres de ses amis et de manuscrits.
Les combats politiques l'occupent jusqu'à la fin de sa vie, systématiquement auprès des causes des opprimés, des faibles, des pauvres oubliés de la richesse du monde.
Jean Genet meurt d'un cancer dans la nuit du 15 avril 1986, et est enterré selon ses désirs, au Maroc, dans la ville de Larache.

Œuvre :

Autobiographie :

* Journal du voleur (1949). Le manuscrit de cette œuvre s'est vendu en mars 1999 pour la somme de 259 000 euros.

Romans :

* Notre-Dame-des-Fleurs (1944)
* Miracle de la rose (1946)
* Pompes funèbres (1947)
* Querelle de Brest (1947)

Théâtre :

* Les Bonnes (1947)
* Haute surveillance (1949)
* Le Balcon (1956)
* Les Nègres (1959)
* Les Paravents (1961)
* « Elle » (1989, édition posthume)
* Splendid's (1993, édition posthume)
* Le Bagne (1994, édition posthume)
* Les Paravents (1961)

Récits :

* Un captif amoureux (1986)

Sources : Wikipedia.org

M0tty.
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# Posté le mercredi 06 février 2008 16:33

Modifié le jeudi 07 février 2008 17:05

L'Eloge de la folie

L'Eloge de la folie
L'Éloge de la Folie (dont le titre grec est Morias Engomion (Μωρίας Εγκώμιον) et le titre latin, Stultitiae Laus), est un essai écrit en 1509 par Érasme de Rotterdam et imprimé d'abord en 1511. Érasme révisa et développa son travail, à l'origine écrit en une semaine, pendant son séjour chez Thomas More dans la propriété que ce dernier avait à Bucklersbury. On considère que c'est une des œuvres qui ont eu le plus d'influence sur la littérature du monde occidental et elle a été un des catalyseurs de la Réforme.

Elle commence avec un savant éloge imité de l'auteur satirique grec Lucien, dont Érasme et Thomas More avaient récemment traduit l'œuvre en latin, un morceau de virtuosité dans le délire ; le ton devient plus sombre dans une série de discours solennels, lorsque la folie fait l'éloge de l'aveuglement et de la démence et lorsqu'on passe à un examen satirique des superstitions et des pratiques pieuses dans l'Église catholique ainsi qu'à la folie des pédants (parmi lesquels il se range lui-même). Érasme était récemment rentré profondément déçu de Rome, où il avait décliné des avances de la Curie ; peu à peu la folie prend la propre voix d'Érasme qui annonce le châtiment. L'essai se termine en décrivant de façon sincère et émouvante les véritables idéaux chrétiens.

Érasme était un grand ami de Thomas More, avec qui il partageait le goût de l'humour à froid et d'autres jeux de l'esprit. Le titre grec Éloge de la folie peut également être compris comme Éloge de More. Le second et le troisième degré transparaissent sous le texte. L'ouvrage est dédié à Thomas More, ce qui explique le jeu de mot du titre original, Encomium Moriae

L'essai est rempli d'allusions classiques placées à la manière typique des humanistes instruits de la Renaissance. La folie est présentée comme une des déesses, fille de la Richesse et de la Jeunesse ; parmi ses compagnons fidèles on trouve Philautia (le narcissisme), Kolakia (la flatterie), Léthé (l'oubli), Misoponia (la paresse), Hedone (le plaisir), Anoia (l'étourderie), Tryphe (l'irréflexion), Komos (intempérance) et Eegretos Hypnos (le sommeil profond).

L'Éloge de la Folie a connu un grand succès populaire, à l'étonnement d'Érasme et parfois à sa consternation. Le pape Léon X la trouvait amusante. Avant la mort d'Érasme elle avait été éditée de nombreuses fois et avait été traduite en Français et Allemand. Une édition en Anglais suivit. Une des éditions de 1511, illustrée avec des gravures sur bois par Hans Holbein l'aîné, a fourni les illustrations les plus célèbres de l'ouvrage.

Source : Wikipédia
Photo : Illustration d'Hans Holbein le Jeune en marge d'une édition précoce de L'Éloge de la Folie

-H.P-
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# Posté le vendredi 25 janvier 2008 09:00

Modifié le dimanche 10 février 2008 03:17

François Rabelais

François Rabelais
François Rabelais, fils d'Antoine Rabelais, sénéchal de Lerné et avocat serait né en 1494, au domaine de La Devinière, près de Chinon en Touraine quoiqu'aucun document ne permette d'établir avec certitude ses véritables lieu et date de naissance. Ainsi la date de 1494 est très controversée, certains lui préférant 1483 ou encore 1489. Cette incertitude est due à la destruction de nombre d'actes de baptême et de registres paroissiaux durant la révolution française.

Selon Bruneau de Tartifume (1574-1636), Rabelais est novice, vers la fin de 1510, au monastère de Cordeliers (ordre des frères mineurs, ou franciscain) de la Baumette, construit devant la Maine, près du roc de Chanzé à Angers.

Il reçoit une formation de théologie.

Plus tard, Rabelais rejoint le couvent franciscain du Puy-Saint-Martin à Fontenay-le-Comte, où il devient moine vers octobre 1520. Ecclésiastique vivant en concubinage, Rabelais égratignait volontiers les femmes, raillait les maris infortunés et présentait le mariage comme une loterie. Appréciant pourtant les dames bien nées et savantes, il décrivait la petite famille idéale sous les traits de Grandgousier, Gargamelle et Gargantua.

Il manifeste très tôt une curiosité humaniste. Pierre Lamy l'initie aux études grecques et l'encourage à écrire à Guillaume Budé. Rabelais s'intéresse aux auteurs antiques, et correspond plus tard avec d'autres humanistes célèbres.

Avec Pierre Lamy, Rabelais fréquente l'hôtel du légiste fontenaisien André Tiraqueau où se réunissent de beaux esprits de la région. Il y rencontre notamment Amaury Bouchard et Geoffroy d'Estissac, prieur et évêque de l'abbaye bénédictine de Maillezais.

En 1523, suite aux commentaires d'Érasme sur le texte grec des Évangiles, la Sorbonne tente d'empêcher l'étude du grec. À la fin de cette année, les supérieurs de Rabelais et de Pierre Lamy confisquent leurs livres de grec. Bien que ses livres lui soient peu à peu restitués, Rabelais se résout à changer d'ordre monastique. Soutenu par Geoffroy d'Estissac, qui l'accueille dans son abbaye de Maillezais, Rabelais présente une requête au pape en ce sens, en la motivant par l'excessive austérité de la règle de Saint-François.

Devenu bénédictin, Rabelais s'attache à la personne de Geoffroy d'Estissac, et devient son secrétaire. Il l'accompagne ainsi au cours des tournées d'inspection de ses terres et abbayes. Rabelais séjourne ensuite au prieuré de Ligugé, résidence habituelle de Geoffroy d'Estissac, où il se lie d'amitié avec Jean Bouchet. Au monastère proche de Fontenay-le-Comte, il rencontre le noble abbé Antoine Ardillon.

Rabelais ne se plie pas facilement aux règles monacales et ne reste pas cloîtré dans son monastère. Vers 1528, il prend l'habit de prêtre séculier pour se rendre dans diverses universités.

Il va d'abord à Paris, où il commence ses études de médecine. Il a deux enfants.

Le 17 septembre 1530, il s'inscrit à la Faculté de Médecine de Montpellier, où il donne des cours sur Hippocrate et Galien[4]. Il y est reçu bachelier le 1er novembre suivant.

À Montpellier, Rabelais se lie d'amitié avec le médecin Guillaume Rondelet (1507-1566).

Au printemps 1532, Rabelais s'installe à Lyon, grand centre culturel où fleurit le commerce de la librairie. Le 1er novembre, il est nommé médecin de l'Hôtel-Dieu de Notre-Dame de la Pitié du Pont-du-Rhône (Lyon). Il y enseigne également la médecine et publie des critiques de traités médicaux antiques. Ses proches Étienne Dolet (1509-1546), Mellin de Saint-Gelais (1491-1558), Jean Salmon Macrin (1490-1557) sont protégés par l'évêque de Paris, Jean du Bellay, qui devient aussi le protecteur de Rabelais.

in 1539, Rabelais part pour Turin dans la suite de Guillaume du Bellay, frère du cardinal, seigneur de Langey et gouverneur du Piémont. En 1540, François et Junie, les enfants bâtards de frère Rabelais, sont légitimés par Paul III. Le 9 janvier 1543, Langey meurt à Saint-Saphorin, et Rabelais est chargé de ramener son corps au Mans, où il est inhumé le 5 mars 1543. Le 30 mai suivant, Geoffroy d'Estissac, le premier protecteur de Rabelais, décède à son tour.

Le 18 janvier 1551, le cardinal du Bellay octroie à Rabelais les cures de Meudon et de Saint-Christophe-du-Jambet. Rabelais ne fut curé de Meudon que l'espace de deux ans moins quelques jours. Il n'est pas sûr qu'il ait rempli jamais les fonctions curiales. Le nouvel évêque de Paris, Eustache du Bellay, faisant sa première visite pastorale, au mois de juin 1551, est reçu à Meudon par Pierre Richard, vicaire, et quatre autres prêtres; il n'est pas question de Rabelais. En tout cas, il est évident qu' il ne put laisser dans le pays ces profondes traces, ces souvenirs vivaces qu'auraient retrouvés cent ans plus tard les Antoine Leroy, les Bernier, les Colletet. La légende du curé de Meudon s'est formée après coup.

Il meurt à Paris en avril 1553.

Thèmes

Rabelais raconte les faits et gestes de deux géants, Pantagruel et Gargantua, depuis leur naissance jusqu'à leur maturité. Ce ne sont pas des ogres cruels, mais des géants débonnaires et gloutons. Au fil des aventures la taille des géants peut varier; ils restent des géants pour les épisodes comiques et l'épopée mais retrouvent taille humaine pour les parties philosophiques. Au fur et à mesure que l'on avance dans le roman la différence de taille avec les autres personnages tend à disparaitre.

Le gigantisme de ses personnages permet à Rabelais de décrire des scènes de festins burlesques. L'infinie goinfrerie des géants ouvre la porte à de nombreux épisodes comiques. Ainsi, le premier cri de Gargantua à sa naissance est : « À boire ! À boire ! ». Le recours aux géants permet aussi de bouleverser la perception habituelle de la réalité. Sous ces aspects, l'œuvre de Rabelais s'inscrit dans le style grotesque, qui appartient à la culture populaire et carnavalesque.

Néanmoins, le thème du géant n'est pas exploité uniquement pour son comique. Il symbolise l'idéal humain de la Renaissance : il est la transposition physique de l'immense appétit intellectuel de l'homme de la Renaissance. Rabelais s'efforce ainsi, à travers ses textes, de concilier culture savante et tradition populaire.

Face à cette oscillation entre fantaisie débridée et symbolisme intellectuel, comment comprendre l'œuvre de Rabelais ? Ses intentions restent assez énigmatiques. Dans l'avis au lecteur du Gargantua, il dit vouloir avant tout faire rire. Puis, dans le Prologue, par une comparaison aux silènes et à Socrate, il suggère qu'une intention sérieuse et un sens profond se cachent sous l'aspect grotesque et fantaisiste. Mais dans la seconde moitié du prologue, il critique les commentateurs qui cherchent des sens cachés dans les œuvres. Manifestement, Rabelais aime laisser planer l'ambiguïté et perturber son lecteur.

Écrivain pittoresque, il témoigne en outre d'un don prodigieux de l'invention verbale.

Rabelais et l'humour

Différents types d'humour parsèment l'ensemble de l'œuvre de Rabelais mais il le pratiquait également dans sa vie. Un jour que sans argent, il se trouvait à Lyon et souhaitait se rendre à Paris, il laissa en évidence plusieurs sachets de sucre qu'il intitula : « Poison pour le roi ». Il est arrêté et conduit à Paris par des gens d'armes mais gratuitement. Le roi François Ier en rit tellement dit-on qu'il paya la note sans discuter, ce qui est à l'origine de l'expression : « le quart d'heure de Rabelais », désignant le moment délicat de règler une dette alors que l'on se trouve sans argent.

Oeuvres

-Pantagruel (Les horribles et épouvantables faits et prouesses du très renommé géant Pantagruel) (1532)
- Gargantua (La vie très horrifique du grand Gargantua, père de Pantagruel, fils de Grandgousier) (1534)
- Le Tiers Livre (1546)
- Le Quart Livre (1552)
- Le Cinquième Livre (1564, posthume ; sa paternité n'est plus mise en doute depuis l'édition de la Pleiade, dirigée par Mireille Huchon en 1994)
- Pantagrueline Prognostication et autres almanachs
- Œuvres...

Sources : Wikipédia

-H.P-
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# Posté le vendredi 25 janvier 2008 07:53

Modifié le dimanche 10 février 2008 03:18

Edward Bond

Edward Bond
Biographie :

Edward Bond est un dramaturge né en 1934, à Holoway, un quartier populaire du nord de Londres, dans une famille ouvrière d'origine paysanne. Enfant, il connaît les bombardements, subit l'exclusion scolaire, et commence à travailler à quinze ans. Il découvre le théâtre par le music-hall, où travaillait sa sœur, et avec une représentation de Macbeth qu'il voit adolescent. Il l'étudie en autodidacte et commence à écrire à la fin des années 50.

Il est remarqué par le Royal Court Theatre qui créera ses premières pièces, et à qui il restera attaché jusqu'aux années 70. Sa première pièce publique, Sauvés, créée en 1965, provoque un énorme scandale qui fondera sa notoriété, avant de devenir un succès international. Il a depuis écrit plus de quarante pièces, pour les grandes institutions théâtrales britanniques (Lear, La Mer, Le Fou...), aussi bien que pour des troupes plus modestes, étudiantes ou militantes (Jackets, Les Mondes...). Son œuvre comprend également des livrets d'opéras et de ballets pour Hans Werner Henze, des adaptations, des traductions (de Tchekhov et Wedekind), des scénarios pour le cinéma, des pièces radiophoniques (Chaise, Existence) ou télévisées (Mardi et Maison d'arrêt) et une abondante poésie.

Il développe par ailleurs une importante réflexion sur le théâtre, ses fondements anthropologiques et sa fonction culturelle, politique et morale, à partir de laquelle il crée de nouveaux moyens pratiques, expérimentés dans de fréquents ateliers d'acteurs ou d'étudiants. Dans les années 80, il rompt partiellement avec la scène institutionnelle britannique, mais autorise encore certaines de ses créations. Cependant, il se consacre essentiellement à l'écriture de pièces pour les adolescents qui se montent largement au Royaume-Uni ainsi qu'à l'étranger. Son œuvre est surtout diffusée à l'étranger, et tout particulièrement en France, où elle connaît depuis les années 90 un important écho. Il continue d'écrire de nombreux textes théoriques sur le théâtre et la société. La tétralogie a été spécifiquement écrite pour le Théâtre national de la Colline. Alain Françon a créé Dans la compagnie des hommes, la trilogie Pièces de guerre (Rouge noir et ignorant, La Furie des nantis, Grande Paix), Café, Le Crime du XXIe siècle et Si ce n'est toi.

Bibliographie :

- Les Noces du pape
- Sauvés
- Route étroite vers le Grand Nord
- Demain la veille
- Lear
- L'Imbécile
- La Compagnie des hommes
- Jackets ou la Main secrète
- Été
- Pièces de guerre
- Existence
- Les Enfants
- Si ce n'est toi.
- Chaise
- Naître
- Le Numéro d'équilibre
- La Chatte anglaise
(livret d'opéra)

En France, ses pièces sont portées à la scène (depuis les années 90) par Alain Françon

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M0tty.
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# Posté le mercredi 16 janvier 2008 11:54

Modifié le vendredi 25 janvier 2008 13:20

Le Théâtre Nô

Le Théâtre Nô
Avant propos : Le nô est un des styles traditionnels de théâtre japonais, venant d'une conception religieuse et aristocratique de la vie. Ce sont des drames lyriques au jeu dépouillé et codifié. La gestuelle des acteurs est stylisée autant que la parole qui semble chantée. Constitué fin XIIIe siècle au Japon, le nô est une forme théâtrale unissant deux traditions : les pantomimes dansées et les chroniques versifiées récitées par des bonzes errants. Le drame, dont le protagoniste est couvert d'un masque, était joué les jours de fête dans les sanctuaires. Ses acteurs, protégés par les daimyo et les shogun, se transmettent depuis lors de père en fils les secrets de leur art. Le nô a évolué de diverses manières dans l'art populaire et aristocratique. Il formera aussi la base d'autres formes dramatiques comme le kabuki. Après que Zeami a fixé les règles du nô, le répertoire s'est figé vers la fin du XVIe siècle et nous demeure encore intact. Le nô est unique dans son charme subtil et son utilisation de masques distinctifs.

Le est un art théâtral dramatique hautement stylisé, chanté et dansé, joué le plus souvent masqué, dans lequel la beauté du mouvement et de la voix est à son point culminant. Voilà pour la définition officielle. Traditionellement, cinq pièces de Nô étaient présentées dans la même journée. Pour contraster avec les pièces dramatiques, des pièces comiques, appelées Kyôgen, étaient jouées entre les pièces de Nô. Ces deux formes évoluèrent côte à côte. On se réfère collectivement aux deux sous le nom de Nôgaku.

Les thèmes apportés incluent la piété filiale, l'amour, la jalousie, la vengeance et l'esprit des samouraïs. Tout cela est présenté sous la forme d'une simple émotion, grâce au chant, à la danse et à la musique. Les pièces de Nô n'ont ainsi souvent pas d'intrigue.

Les pièces de Nô ont toujours été écrites, composées et chorégraphiées par les acteurs eux-mêmes. Les plus anciennes remonteraient aux environs de l'an 1333. La plus grande partie des pièces connues date des 15ème et 16ème siècles. Une petite partie a été écrite durant les 100 dernières années. Malgré son côté codifié, le Nô reste en constante évolution (quoique fort lente).

Les caractéristiques uniques de ce genre théâtral sont:
- Le type de scène sur lequel il est joué (unique en son genre).
- L'accent mis sur un seul rôle principal.
- Son utilisation des masques.
- L'usage de la danse comme moyen d'expression important.
- Les méthodes de vocalisation particulières de ses chants.
- La poésie de ses scripts.
- Son orchestre composé d'un grand tambourin (ô-tsuzumi), d'un petit tambourin (ko-tsuzumi), d'une flûte traversière (fue) et parfois d'un grand tambour (taiko).

Dans les temps anciens, le Nô était pratiqué en plein air, le plus souvent dans l'enceinte des sanctuaires shintô. En effet le Nô avait (et a toujours dans une certaine mesure) une connotation religieuse importante. Le style adopté aujourd'hui pour les théâtres Nô modernes est une copie du théâtre qui était construit dans le château du Shogun à Edo. Il était construit à l'extérieur avec les places pour le public dans un bâtiment séparé, largement ouvert et séparé de la scène par un espace libre. Les théâtres modernes ont maintenant la scène et les sièges du public sous le même toit, mais le gravier blanc et le toit surmontant la scène sont des réminiscences du style originel.
On constate que la scène est séparée en quatre parties :
- La scène principale.
- La partie derrière la scène principale, où se tient l'orchestre. Parfois derrière l'orchestre d'autres personnes prennent également place. Un acteur vétéran était ainsi tout derrière lors d'une représentation (pour surveiller les jeunes ? Admirer leur travail ?).
- Une sorte de porche, à droite de la scène principale, où le choeur de 6 chanteurs ou davantage se tient.
- Une espèce de pont entre la scène principale et le rideau d'entrée. Ce pont n'est pas qu'un passage, mais est vraiment considéré comme une partie de la scène. Si un acteur termine son rôle en cours de représentation, il doit s'arrêter et retourner lentement et dignement le long du pont pour retourner en coulisses.

Le théâtre Nô est comme déjà écrit, hautement stylisé. Plutôt que de se concentrer sur une intrigue, le script présente l'apparition et le développement d'une simple émotion ou d'une atmosphère, au travers de laquelle la recherche de la beauté et de la vérité est exprimée. Tout est simplifié et raffiné au maximum pour obtenir un résultat extrêmement concentré. C'est là une technique typiquement japonaise, que l'on retrouve dans d'autres arts traditionnels développés au Moyen-Âge comme la cérémonie du thé, l'ikebana, les haiku ou la peinture sumi-e.
De ce fait, deux acteurs suffisent amplement. L'un d'eux, appelé shite, tient le rôle principal, tandis que l'autre, appelé waki, a pour mission principale de procurer une raison pour danser, à l'acteur principal.

Lumière :
Aucun système artificiel de lumière n'est utilisé pour agrémenter ou créer des effets particuliers durant une représentation. Ainsi les lumières ne sont pas éteintes dans la salle (ça peut surprendre).

Son :
La musique constituée des voix, de la flûte et des percussions, est un élément important du théâtre Nô. L'angle du plafond est conçu pour renvoyer les sons vers l'assistance. De grandes jarres de terre cuite sont disposées sous la scène et sous la structure en forme de pont. Elles servent à créer un son particulier lorsque l'acteur danse ou marche. La position des jarres et l'angle selon lequel elles sont disposées est un secret gardé jalousement par des générations de constructeurs de théâtres Nô.


Ouvrages de référence :


-l'Acteur Flottant ou l'Acteur Invisible de Yoshi Oïda (Edition Acte Sud)
-La tradition secrète du Nô de Zéami

Sources :
- Wikipédia, l'article sur le Nô est classé comme article de très bonne qualité.
- Retrouvez un dossier complet sur le théatre Nô ICI

-H.P-, M0tty.
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# Posté le lundi 17 décembre 2007 10:16

Modifié le lundi 17 décembre 2007 10:47