Andromaque de Jean Racine
Mise en scène : Declan Donnellan
Avec C. Cayol, C. Grégoire, C. Japy, X. Boiffier, R. Cottard, A. Rotger,
S. Lolov
Synopsis.
Oreste aime Hermione qui se languit pour Pyrrhus qui brûle pour Andromaque qui pleure son défunt mari Hector. Prisonniers de leurs passions, leur perte est inéluctable. Racine orchestre avec délectation leurs débats impuissants, leurs actions désespérées, et leur terrible fin. Et pourtant, dans cette oeuvre spectaculaire, la simplicité émerge sous le regard de Declan Donnellan.
Critique.
Rendre le texte le plus intelligent possible : n'est-ce pas la un des buts du théâtre ? Bien sûr que oui et la troupe de Declan Donnellan l'a tout à fait bien compris et nous a rendu ce texte qui peut paraître peu clairvoyant en une modernité incroyable. Le texte nous revient comme si c'était la première fois qu'on l'entendait. Et pourtant, reprendre LA tragédie racinienne, après tout ce qu'on en a fait, c'était partir avec un petit handicap. Mais ils l'ont vite dépassé pour nous offrir 2h45 de pure sensation théâtrale !
Declan Donnellan a eu l'intelligente modernité de prendre en compte la théorie de mise en scène de Peter Brook : un acteur, son partenaire, le public, et c'est tout. Ce n'est pas pour rien que le spectacle a commencé au Théâtre des Bouffes du Nord, à Paris, lieu ou Peter Brook met en scène tout ses spectacles. Et effectivement, pas besoin de décors naturalistes ou autres éléments de scènes. Le texte se suffit à lui-même.
Les acteurs sont tout à fait formidable. Pyrrhus est excellent dans son rôle de trouble-fête, avec une précision magistrale de sa parole, de ses gestes, de sa puissance, de son objectif de scène. Oreste est très touchant, surtout à la dernière scène, une émotion intense, et des mouvements corporels extraordinaire. Andromaque est simplement simple, sans excèdent, pure. Et tous les serviteurs de ces jeunes gens ont tous une particularité : ils ont une manière à eux de servir leurs maîtres, ce qui les rend très drôle. Notons aussi la présence d'Astyanax, le fils d'Andromaque. Celui-ci, dans la pièce classique, n'apparaît pas, mais il est évoqué. Ici, il apparaît avec l'apparence d'un ados de 16 ans très jouette mais très beau à voir.
Seul point noir et pas des moindres : l'acoustique de la salle. Horrible, tout simplement. Et une scène qui me paraît un peu grande. Mais vraiment un peu grande.
Je sais que le spectacle est complet jusqu'au 13 mars à Wolubilis, mais il me semble que le spectacle tourne en Europe francophone. Donc si vous avez l'occasion d'aller le voir, courrez-y !
-H.P-
Mise en scène : Declan Donnellan
Avec C. Cayol, C. Grégoire, C. Japy, X. Boiffier, R. Cottard, A. Rotger,
S. Lolov
Synopsis.
Oreste aime Hermione qui se languit pour Pyrrhus qui brûle pour Andromaque qui pleure son défunt mari Hector. Prisonniers de leurs passions, leur perte est inéluctable. Racine orchestre avec délectation leurs débats impuissants, leurs actions désespérées, et leur terrible fin. Et pourtant, dans cette oeuvre spectaculaire, la simplicité émerge sous le regard de Declan Donnellan.
Critique.
Rendre le texte le plus intelligent possible : n'est-ce pas la un des buts du théâtre ? Bien sûr que oui et la troupe de Declan Donnellan l'a tout à fait bien compris et nous a rendu ce texte qui peut paraître peu clairvoyant en une modernité incroyable. Le texte nous revient comme si c'était la première fois qu'on l'entendait. Et pourtant, reprendre LA tragédie racinienne, après tout ce qu'on en a fait, c'était partir avec un petit handicap. Mais ils l'ont vite dépassé pour nous offrir 2h45 de pure sensation théâtrale !
Declan Donnellan a eu l'intelligente modernité de prendre en compte la théorie de mise en scène de Peter Brook : un acteur, son partenaire, le public, et c'est tout. Ce n'est pas pour rien que le spectacle a commencé au Théâtre des Bouffes du Nord, à Paris, lieu ou Peter Brook met en scène tout ses spectacles. Et effectivement, pas besoin de décors naturalistes ou autres éléments de scènes. Le texte se suffit à lui-même.
Les acteurs sont tout à fait formidable. Pyrrhus est excellent dans son rôle de trouble-fête, avec une précision magistrale de sa parole, de ses gestes, de sa puissance, de son objectif de scène. Oreste est très touchant, surtout à la dernière scène, une émotion intense, et des mouvements corporels extraordinaire. Andromaque est simplement simple, sans excèdent, pure. Et tous les serviteurs de ces jeunes gens ont tous une particularité : ils ont une manière à eux de servir leurs maîtres, ce qui les rend très drôle. Notons aussi la présence d'Astyanax, le fils d'Andromaque. Celui-ci, dans la pièce classique, n'apparaît pas, mais il est évoqué. Ici, il apparaît avec l'apparence d'un ados de 16 ans très jouette mais très beau à voir.
Seul point noir et pas des moindres : l'acoustique de la salle. Horrible, tout simplement. Et une scène qui me paraît un peu grande. Mais vraiment un peu grande.
Je sais que le spectacle est complet jusqu'au 13 mars à Wolubilis, mais il me semble que le spectacle tourne en Europe francophone. Donc si vous avez l'occasion d'aller le voir, courrez-y !
-H.P-