Avant propos : Le nô est un des styles traditionnels de théâtre japonais, venant d'une conception religieuse et aristocratique de la vie. Ce sont des drames lyriques au jeu dépouillé et codifié. La gestuelle des acteurs est stylisée autant que la parole qui semble chantée. Constitué fin XIIIe siècle au Japon, le nô est une forme théâtrale unissant deux traditions : les pantomimes dansées et les chroniques versifiées récitées par des bonzes errants. Le drame, dont le protagoniste est couvert d'un masque, était joué les jours de fête dans les sanctuaires. Ses acteurs, protégés par les daimyo et les shogun, se transmettent depuis lors de père en fils les secrets de leur art. Le nô a évolué de diverses manières dans l'art populaire et aristocratique. Il formera aussi la base d'autres formes dramatiques comme le kabuki. Après que Zeami a fixé les règles du nô, le répertoire s'est figé vers la fin du XVIe siècle et nous demeure encore intact. Le nô est unique dans son charme subtil et son utilisation de masques distinctifs.
Le Nô est un art théâtral dramatique hautement stylisé, chanté et dansé, joué le plus souvent masqué, dans lequel la beauté du mouvement et de la voix est à son point culminant. Voilà pour la définition officielle. Traditionellement, cinq pièces de Nô étaient présentées dans la même journée. Pour contraster avec les pièces dramatiques, des pièces comiques, appelées Kyôgen, étaient jouées entre les pièces de Nô. Ces deux formes évoluèrent côte à côte. On se réfère collectivement aux deux sous le nom de Nôgaku.
Les thèmes apportés incluent la piété filiale, l'amour, la jalousie, la vengeance et l'esprit des samouraïs. Tout cela est présenté sous la forme d'une simple émotion, grâce au chant, à la danse et à la musique. Les pièces de Nô n'ont ainsi souvent pas d'intrigue.
Les pièces de Nô ont toujours été écrites, composées et chorégraphiées par les acteurs eux-mêmes. Les plus anciennes remonteraient aux environs de l'an 1333. La plus grande partie des pièces connues date des 15ème et 16ème siècles. Une petite partie a été écrite durant les 100 dernières années. Malgré son côté codifié, le Nô reste en constante évolution (quoique fort lente).
Les caractéristiques uniques de ce genre théâtral sont:
- Le type de scène sur lequel il est joué (unique en son genre).
- L'accent mis sur un seul rôle principal.
- Son utilisation des masques.
- L'usage de la danse comme moyen d'expression important.
- Les méthodes de vocalisation particulières de ses chants.
- La poésie de ses scripts.
- Son orchestre composé d'un grand tambourin (ô-tsuzumi), d'un petit tambourin (ko-tsuzumi), d'une flûte traversière (fue) et parfois d'un grand tambour (taiko).
Dans les temps anciens, le Nô était pratiqué en plein air, le plus souvent dans l'enceinte des sanctuaires shintô. En effet le Nô avait (et a toujours dans une certaine mesure) une connotation religieuse importante. Le style adopté aujourd'hui pour les théâtres Nô modernes est une copie du théâtre qui était construit dans le château du Shogun à Edo. Il était construit à l'extérieur avec les places pour le public dans un bâtiment séparé, largement ouvert et séparé de la scène par un espace libre. Les théâtres modernes ont maintenant la scène et les sièges du public sous le même toit, mais le gravier blanc et le toit surmontant la scène sont des réminiscences du style originel.
On constate que la scène est séparée en quatre parties :
- La scène principale.
- La partie derrière la scène principale, où se tient l'orchestre. Parfois derrière l'orchestre d'autres personnes prennent également place. Un acteur vétéran était ainsi tout derrière lors d'une représentation (pour surveiller les jeunes ? Admirer leur travail ?).
- Une sorte de porche, à droite de la scène principale, où le choeur de 6 chanteurs ou davantage se tient.
- Une espèce de pont entre la scène principale et le rideau d'entrée. Ce pont n'est pas qu'un passage, mais est vraiment considéré comme une partie de la scène. Si un acteur termine son rôle en cours de représentation, il doit s'arrêter et retourner lentement et dignement le long du pont pour retourner en coulisses.
Le théâtre Nô est comme déjà écrit, hautement stylisé. Plutôt que de se concentrer sur une intrigue, le script présente l'apparition et le développement d'une simple émotion ou d'une atmosphère, au travers de laquelle la recherche de la beauté et de la vérité est exprimée. Tout est simplifié et raffiné au maximum pour obtenir un résultat extrêmement concentré. C'est là une technique typiquement japonaise, que l'on retrouve dans d'autres arts traditionnels développés au Moyen-Âge comme la cérémonie du thé, l'ikebana, les haiku ou la peinture sumi-e.
De ce fait, deux acteurs suffisent amplement. L'un d'eux, appelé shite, tient le rôle principal, tandis que l'autre, appelé waki, a pour mission principale de procurer une raison pour danser, à l'acteur principal.
Lumière :
Aucun système artificiel de lumière n'est utilisé pour agrémenter ou créer des effets particuliers durant une représentation. Ainsi les lumières ne sont pas éteintes dans la salle (ça peut surprendre).
Son :
La musique constituée des voix, de la flûte et des percussions, est un élément important du théâtre Nô. L'angle du plafond est conçu pour renvoyer les sons vers l'assistance. De grandes jarres de terre cuite sont disposées sous la scène et sous la structure en forme de pont. Elles servent à créer un son particulier lorsque l'acteur danse ou marche. La position des jarres et l'angle selon lequel elles sont disposées est un secret gardé jalousement par des générations de constructeurs de théâtres Nô.
Ouvrages de référence :
-l'Acteur Flottant ou l'Acteur Invisible de Yoshi Oïda (Edition Acte Sud)
-La tradition secrète du Nô de Zéami
Le Nô est un art théâtral dramatique hautement stylisé, chanté et dansé, joué le plus souvent masqué, dans lequel la beauté du mouvement et de la voix est à son point culminant. Voilà pour la définition officielle. Traditionellement, cinq pièces de Nô étaient présentées dans la même journée. Pour contraster avec les pièces dramatiques, des pièces comiques, appelées Kyôgen, étaient jouées entre les pièces de Nô. Ces deux formes évoluèrent côte à côte. On se réfère collectivement aux deux sous le nom de Nôgaku.
Les thèmes apportés incluent la piété filiale, l'amour, la jalousie, la vengeance et l'esprit des samouraïs. Tout cela est présenté sous la forme d'une simple émotion, grâce au chant, à la danse et à la musique. Les pièces de Nô n'ont ainsi souvent pas d'intrigue.
Les pièces de Nô ont toujours été écrites, composées et chorégraphiées par les acteurs eux-mêmes. Les plus anciennes remonteraient aux environs de l'an 1333. La plus grande partie des pièces connues date des 15ème et 16ème siècles. Une petite partie a été écrite durant les 100 dernières années. Malgré son côté codifié, le Nô reste en constante évolution (quoique fort lente).
Les caractéristiques uniques de ce genre théâtral sont:
- Le type de scène sur lequel il est joué (unique en son genre).
- L'accent mis sur un seul rôle principal.
- Son utilisation des masques.
- L'usage de la danse comme moyen d'expression important.
- Les méthodes de vocalisation particulières de ses chants.
- La poésie de ses scripts.
- Son orchestre composé d'un grand tambourin (ô-tsuzumi), d'un petit tambourin (ko-tsuzumi), d'une flûte traversière (fue) et parfois d'un grand tambour (taiko).
Dans les temps anciens, le Nô était pratiqué en plein air, le plus souvent dans l'enceinte des sanctuaires shintô. En effet le Nô avait (et a toujours dans une certaine mesure) une connotation religieuse importante. Le style adopté aujourd'hui pour les théâtres Nô modernes est une copie du théâtre qui était construit dans le château du Shogun à Edo. Il était construit à l'extérieur avec les places pour le public dans un bâtiment séparé, largement ouvert et séparé de la scène par un espace libre. Les théâtres modernes ont maintenant la scène et les sièges du public sous le même toit, mais le gravier blanc et le toit surmontant la scène sont des réminiscences du style originel.
On constate que la scène est séparée en quatre parties :
- La scène principale.
- La partie derrière la scène principale, où se tient l'orchestre. Parfois derrière l'orchestre d'autres personnes prennent également place. Un acteur vétéran était ainsi tout derrière lors d'une représentation (pour surveiller les jeunes ? Admirer leur travail ?).
- Une sorte de porche, à droite de la scène principale, où le choeur de 6 chanteurs ou davantage se tient.
- Une espèce de pont entre la scène principale et le rideau d'entrée. Ce pont n'est pas qu'un passage, mais est vraiment considéré comme une partie de la scène. Si un acteur termine son rôle en cours de représentation, il doit s'arrêter et retourner lentement et dignement le long du pont pour retourner en coulisses.
Le théâtre Nô est comme déjà écrit, hautement stylisé. Plutôt que de se concentrer sur une intrigue, le script présente l'apparition et le développement d'une simple émotion ou d'une atmosphère, au travers de laquelle la recherche de la beauté et de la vérité est exprimée. Tout est simplifié et raffiné au maximum pour obtenir un résultat extrêmement concentré. C'est là une technique typiquement japonaise, que l'on retrouve dans d'autres arts traditionnels développés au Moyen-Âge comme la cérémonie du thé, l'ikebana, les haiku ou la peinture sumi-e.
De ce fait, deux acteurs suffisent amplement. L'un d'eux, appelé shite, tient le rôle principal, tandis que l'autre, appelé waki, a pour mission principale de procurer une raison pour danser, à l'acteur principal.
Lumière :
Aucun système artificiel de lumière n'est utilisé pour agrémenter ou créer des effets particuliers durant une représentation. Ainsi les lumières ne sont pas éteintes dans la salle (ça peut surprendre).
Son :
La musique constituée des voix, de la flûte et des percussions, est un élément important du théâtre Nô. L'angle du plafond est conçu pour renvoyer les sons vers l'assistance. De grandes jarres de terre cuite sont disposées sous la scène et sous la structure en forme de pont. Elles servent à créer un son particulier lorsque l'acteur danse ou marche. La position des jarres et l'angle selon lequel elles sont disposées est un secret gardé jalousement par des générations de constructeurs de théâtres Nô.
Ouvrages de référence :
-l'Acteur Flottant ou l'Acteur Invisible de Yoshi Oïda (Edition Acte Sud)
-La tradition secrète du Nô de Zéami
Sources :
- Wikipédia, l'article sur le Nô est classé comme article de très bonne qualité.
- Retrouvez un dossier complet sur le théatre Nô ICI
-H.P-, M0tty.
